LE DEVOIR DE REMPLIR SA VIE

Bien le bonjour à toi. Aujourd’hui j’avais envie de te dire un truc. De parler avec toi d’un constat, d’un réflexion, d’un truc qui me turlupine depuis un moment.

Je vais pas te raconter ma-vie-mes-traumatismes-mes-joies-mes-peines-mon-historique-google-que-j’ai-mangé-des-carottes, mais j’ai eu pas mal de temps pour réfléchir ces derniers temps. Au sens de la vie tout ça.

Il s’est avéré que je me suis retrouvée avec beaucoup de temps devant moi, genre six mois. En fait, j’ai un peu fait craquer son slip à mon corps, il était en sale état, et j’ai raté mon diplôme, alors j’avais six mois à attendre pour le repasser. Attendre. Je sais. Je te vois venir. Je te vois. « Attendre, oh la fainéante, trouves toi un job« . Eh ben oui, c’est là ou je veux en venir.

On va considérer que j’avais une bonne excuse, ne revenons pas la dessus, mais j’avais six mois pour me retaper, mener deux petits projets sympatoches et trouver un nouveau sujet de diplôme. Large quoi. Et puis finalement aucun des deux petits projets n’a abouti. Concrètement, je n’ai donc RIEN fait pendant six mois. Hormis trouver un sujet de diplôme & le démarrer tranquilou.

Mais, ne rien faire, donc on est d’accord que le sens du mot veut bien dire que je suis donc restée à végéter dans mon lit. Ahah. Tu vois hein, je n’ai donc pas rien fait. Je n’ai donc rien fait de VALORISABLE. Nuance. Mais, valorisable, pour qui, par qui ?

C’est là que je fais appel à toi. Moi je me suis beaucoup dit ça aussi, que si on me demande ce que j’ai fait pendant ces six mois, bah, j’aurai rien à dire. A un futur employeur, ou même à n’importe qui en fait. N’importe qui se dira que je ne suis qu’une personne sans motivation qui vit sur le dos de ses parents sans scrupule. Ah le jugement de valeurs, une des réjouissances de ce monde. Il faut rentabiliser sa vie.

Mais une valeur, qu’est-ce que c’est ? Est-ce que ça ne dépend pas d’un point de vue ? Tu vois où je veux en venir ? Au final la valeur accordée à telle ou telle chose c’est pas vraiment objectif tu vois, ça dépend de plein de chose. Une société accordera de la valeur au travail, une autre à l’épanouissement spirituel, une autre à la richesse.. bref des milliers de choses dépendent de point de vue de ce qui est important ou non à avoir/faire dans sa vie, et on peut voir des milliers de différences à tout un tas d’échelle communautaires différentes.

Mais en fait. J’avais besoin psychologiquement et physiquement de prendre du temps pour moi. Une faible que je suis. Oui je sais, y’a des tas de gens qui ont leur diplôme, qui vivent leur vie difficile sans pleurer, sans poser de problèmes, qui font et qui serrent les dents. Y’a pas de raisons que j’y arrive pas. Ou alors je suis faible. Ou j’en ai pas vraiment envie. Autre jugement.

La différence sur le comment gérer sa vie, ses émotions, ses peurs, frustrations. Si tu n’y arrives pas, tu es un faible, un nul. Ah. Alors oui, soit. En vrai, est-ce que tu trouves ça vraiment bien, genre est-ce que tu penses qu’avec ce raisonnement on peut rendre une société meilleure ? Genre vraiment. Je sais pas moi, je me demande.

Pour en revenir à ces six mois, j’ai pu prendre du recul sur ma future profession, alors que j’ai toujours eu le nez dedans sans me poser de questions, à accepter et prendre pour argent comptant tout ce qu’on me disait. Et quand tu prends du recul, tu peux te poser des questions. Te demander ce qui est vraiment important. Quelles valeurs sont réellement importantes pour toi.

Et puis j’ai pu faire tout un tas de trucs probablement futiles et inutiles, du genre lire des bouquins, faire de la peinture, de l’aquarelle, du tricot, réfléchir au sens de la vie et comment être heureux. Comment être une meilleure personne, comment rendre les gens autour de soi heureux. Du coup, moi j’en suis ressortie vachement grandie, ça fait probablement partie des moments de ma vie où je me suis sentie le plus grandie, où j’ai le sentiment d’avoir appris tellement de chose.

Mais tout ça, ça n’a aucune valeur. Pas de place pour l’oisiveté. Si tu ne travailles pas, tu n’es pas rentable. Tu n’es pas rentable parce que potentiellement tu ne peux pas rapporter d’argent. Je dis ça je dis rien. Ça a l’air sympa comme société dans laquelle vivre où y’a ce mode de pensée. Il faut que tu fasses 500 mille trucs, que tu voyages + que tu travailles + que tu te cultives +…

Ah. On y vit.

Mais toi, tu y gagnes quoi ? Loin de moi l’individualisme, mais est-ce que tu es heureux comme ça ? Est-ce que tu voyages pour les autres, pour dire que tu as voyagé ou alors tu cours après une reconnaissance ? En vrai la réponse elle vient pas toujours tout de suite. Mais peut-être que si on se demandait pourquoi on fait toutes ces choses, on se rendrait compte que tout ça ne nous rend pas forcément heureux. Peut-être, je sais pas. Et que quand on est frustré, on est rarement apaisé et compatissant avec les autres. Oui, c’est un raccourcis rapide de ce que j’ai pu lire dans des trucs inutiles pendant que je faisais rien.

Maintenant j’aimerais quoi toi aussi tu me dises si tu t’es déjà posé ces questions. Et puis si tu es heureux. J’ai probablement été floue, imprécise, mais je voulais partager ça comme je pouvais. J’ai probablement oublié tellement de trucs. Et puis en fait j’aimerais qu’on discute de tout ça, alors raconte moi.

Et si tu es curieux, je te laisse avec quelques bouquins que j’ai tout particulièrement aimé parce qu’ils m’ont aidé à me poser toutes ces questions, à remettre en question tout et n’importe quoi.

Voila, je te fais des bisous compatissant en attendant la prochaine fois où tu passeras dans le coin.

Maud

Publicités

UN FILM, UN DOCU, UN LIVRE #1 ● ECOLOGIE ET SOCIETE

Salut à toi. Ça fait un petit moment qu’on s’est pas vu, j’ai déserté un petit peu. Mais peu importe, me revoilà avec une nouvelle « rubrique ». Dans ce nouveau rendez vous, je te propose un film, un documentaire, et un livre en rapport avec un thème plus ou moins large. Ici on va parler d’un sujet qui me tient à cœur, l’écologie. Alors si toi aussi ça t’intéresse, tiens toi bien c’est parti. Et si ça ne t’intéresse pas vraiment, que tu sens le ton moralisateur-inquisiteur-insultant venir, ne paniques pas et restes, parce que ça n’arrivera pas mon ami. (oui, on est ami maintenant non ?)

 

LE FILM


 PROMISED LAND

 2013  ●  Gus Van Sant  ●  Drame  ●  Américain ●  1h46

20360511-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-1

Steve Butler, représentant d’un grand groupe énergétique, se rend avec Sue Thomason dans une petite ville de campagne. Les deux collègues sont convaincus qu’à cause de la crise économique qui sévit, les habitants ne pourront pas refuser leur lucrative proposition de forer leurs terres pour exploiter les ressources énergétiques qu’elles renferment. Ce qui s’annonçait comme un jeu d’enfant va pourtant se compliquer lorsqu’un enseignant respecté critique le projet, soutenu par un activiste écologiste qui affronte Steve aussi bien sur le plan professionnel que personnel…

Au delà de la présence de Matt Damon au casting, ce film est pour moi un film à voir, le genre de film qui te marque. La première chose qui fait la qualité du film, c’est qu’il a un côté, je trouve, très « neutre », un peu dans le style de True Detective, dans le sens où les choix scénaristiques, de mise en scène etc laisse au spectateur une liberté d’appréhender les personnages comme il le veut. Enfin c’est mon impression. Les « méchants » (les représentants de l’entreprise de forage pour le gaz de schiste) et les « gentils » (les écologistes) ne sont pas vraiment traités tel quel, je trouve que la justesse justement se trouve dans cet équilibre, dans la subtilité des personnages. Et c’est grâce à ça que le film est percutant. C’est un film qui montre particulièrement bien les choix que n’importe qui peut être amené à faire dans sa vie : c’est la crise, difficile de finir les fins de mois (voir très), tu as des terres qui ne te rapportent pas grand chose, voire rien, et là quelqu’un te propose une grosse somme d’argent d’un coup pour le droit d’exploiter tes terres (dérisoire par rapport à ce que ça va lui rapporter évidemment). Alors, qu’est ce que tu fais ? Tu as des enfants, une famille à nourrir, leurs études à payer etc. Quel choix s’offre à toi ?

Bref, ce film soulève très bien les nuances et la complexité qui s’opère sur le terrain, dans la vraie vie, et rappelle qu’avant de juger promptement il y a toujours des données de bases avec lesquelles il faut composer. Être contre l’extraction du gaz de schiste c’est une chose, mais sans solutions alternatives localement, il est probablement vain de trépigner et insulter ceux qui vont vendre leurs terres et permettre ça. Bref, c’est loin d’être un film joyeux, mais il est particulièrement puissant et marquant pour toutes les raisons que j’ai évoqué avant.

 

LE DOCU


DEMAIN

 2015  ●  Cyril Dion & Mélanie Laurent ●  Documentaire ●  Français ●  2h00

demain

Et si montrer des solutions, raconter une histoire qui fait du bien, était la meilleure façon de résoudre les crises écologiques, économiques et sociales, que traversent nos pays ? Suite à la publication d’une étude qui annonce la possible disparition d’une partie de l’humanité d’ici 2100, Cyril Dion et Mélanie Laurent sont partis avec une équipe de quatre personnes enquêter dans dix pays pour comprendre ce qui pourrait provoquer cette catastrophe et surtout comment l’éviter. Durant leur voyage, ils ont rencontré les pionniers qui réinventent l’agriculture, l’énergie, l’économie, la démocratie et l’éducation. En mettant bout à bout ces initiatives positives et concrètes qui fonctionnent déjà, ils commencent à voir émerger ce que pourrait être le monde de demain…

Alors lui, tu en as probablement déjà entendu parler en long en large et en travers. Et à raison. J’ai eu la chance d’assister à une avant première avec Cyril Dion présent en fin de séance, qui a pu répondre à pas mal de question qui n’ont fait que renforcer la dimension positive, et pleine d’espoir du film. Il est clair que trop souvent, les documentaires qui visent à mettre en lumière l’importance de l’écologie, de protéger la planète, notre maison quoi, sont moralisateurs, cherchent à effrayer, bref qui te font perdre tout espoir en la vie. J’exagère à peine. Demain c’est tout l’inverse. Il te donne foi en l’avenir, en l’humanité, EN LA VIE QUOI. Au travers de différents thèmes (économie, éducation, agriculture etc), on voit des exemples concrets de ce qui peut se faire (bon, à remettre toujours dans un contexte économique & social local) mais qui montre que, OUI c’est possible de changer nos habitudes. Enfin, le dernier truc qui est absolument génial, c’est qu’il y a une dimension pédagogique vraiment bien gérée, et qui permet de comprendre certains mécanismes qui peuvent nous échapper, notamment lié à l’économie mondiale.

Voilà, si tu n’as pas encore vu Demain, tu peux de ce pas courir acheter le DVD, et le livre aussi, parce qu’il existe un livre portant le même nom qui apporte un complément au film, des interviews notamment qui n’ont pas pu être mises dans le film. Et si tu veux en savoir un peu plus, c’est par .

 

LE LIVRE


WALDEN OU LA VIE DANS LES BOIS

 1854  ●  Henry David Thoreau  ●  Essai/Roman/Autobiographie  ●  Américain ●  380 pages

a71521

En plein XIXe siècle, dans le pays qui est en passe de devenir le plus industrialisé du monde, Thoreau tourne le dos à la civilisation et s’installe seul, dans les bois, à un mille de tout voisinage, dans une cabane qu’il a construite lui-même, au bord de l’étang de Walden, Massachusetts. Il ne doit plus sa vie qu’au travail de ses mains. C’est là qu’il commence à écrire Walden, grand classique de la littérature américaine, hymne épicurien, souvent loufoque, à la nature, aux saisons, aux plantes et aux bêtes, toutes choses et tous êtres qui ne sont, selon les propres dires de Thoreau, que «l’envers de ce qui est au-dedans de nous».

Bon, je vais essayer de faire court, même s’il y aurait tellement à dire tant sur l’auteur que sur le livre. Pour replacer le livre dans son contexte, le milieu du XIXe siècle, c’est l’avènement de la révolution industrielle, où les villes s’industrialisent, se salissent, où les gens s’entassent dans des bidonville en périphérie des grandes villes pour travailler dans les usines, et où concrètement, la nature est vue & vécue comme un élément à dominer, maitriser pour en faire ce qu’on veut et en extraire ce dont on a besoin (et tout ça, ça découle de ces satanées Lumières, mais on en reparlera). Et dans ce contexte, Thoreau lui il décide de fuir ça, comme tu viens de le lire. C’est un récit qui est particulièrement dense, mais tellement riche. Une ode au quotidien, aux choses simples, une éloge de la nature. Thoreau questionne notre rapport au monde, aux autres, à l’économie, au travail etc, et nous amène à nous questionner nous, sur le rapport qu’on entretient aujourd’hui avec la nature, avec notre terre nourricière si je peux dire ça comme ça. Et c’est puissant. C’est tout ça Walden, ça questionne un monde dont on aujourd’hui l’héritage, et qui de fait est particulièrement résonnant.

Je ne vais pas t’en dire plus, j’espère que je t’aurai donné envie de lire ce livre, qui est largement plus complexe et riche que ce que j’ai pu juste évoquer. Mais sachant que c’est reconnu pour être quand même un ouvrage fondateur de ce qu’on appelle aujourd’hui le nature-writting, si c’est un sujet qui t’intéresse, fonce.

 LE MOT DE LA FIN


Si tu es arrivé jusque là je crois que je vais d’abord te remercier et te féliciter, au moins mes efforts n’ont pas été vains ahah. J’ai essayé ici de trouver des supports différents qui nous permettent de nous interroger sur notre rapport à la nature, et surtout comment nous pouvons changer nos habitudes, comportements, pour protéger ce qui nous maintient en vie. Evidemment, c’est loin d’être une sélection exhaustive, mais je me suis demandé quels livres/films m’avaient particulièrement marqué, et c’est ces trois là que j’ai sélectionné. Et maintenant, c’est à toi de me donner ton avis, sur la sélection, sur l’écologie, sur la vie, l’amour, la paix dans le monde BREF fais toi plaisir et dis moi ce qui te passe par la tête, et surtout, n’hésite pas à partager tes lectures, films, documentaires sur ce sujet tellement large, et tellement importe qu’est l’écologie.

A très très vite

(promis je vais essayer de ne pas refaire la morte aussi longtemps) (genre je suis indispensable à ta vie) (mais oui, avoue le)