COMMENT PASSER UNE JOURNEE IMPRODUCTIVE EN BONNE ET DUE FORME

Ce lundi 24 avril a un sale goût de lendemain de fête. Tu sais, ce moment où au réveil tu te demandes ce qui s’est vraiment passé la veille, pensant que c’était qu’un rêve. Et quand ton sixième réveil sonne, tu réalises que non, tout ceci n’était pas un rêve, et oui, Marine Caca est qualifiée pour le deuxième tour des présidentielles.

Bref, mon désarroi & ma colère face aux résultats m’ont donné envie de te proposer un article d’une utilité cosmique (pose pas de question) (puisque le bon sens part en cacahuète..), parce que face aux grands maux, il y a les grands remèdes.

Alors si toi aussi tu veux passer un moment sympa avec ta flemme, je te propose une liste de petites choses toutes faciles à faire, pour SURTOUT ne rien glander de ta journée.

1. Ton réveil tu repousseras jusqu’à 6 fois (oui je fais des rimes aussi)

On commence facile, ça sonne, tu repousses, ça sonne tu repousses. Si tu es un fou qui aime les difficultés tu peux même éteindre ton réveil.

giphy1

2. Ton yoga tu feras (ou pas)

Celui là, c’est une feinte, pour être sur que tu as saisi. Tu déroules ton tapis, tu t’allonges dessus, et finalement tu ne fais rien. Tu peux te rendormir.

giphy

3. En 3h tu te prépareras.

Oui, aujourd’hui c’est le jour où tu peux décider de te faire un masque, puis un gommage, puis t’épiler, et te laver et te mettre du vernis.. pour décider après avoir zoné sur Facebook 2h que tu es trop fatigué(e) pour ça. (pourtant tu voulais faire tout ça, vraiment)

giphy2

4. Rester scotchée à ta chaise tu seras

SURTOUT ne pas essayer de s’activer, après le labeur de la préparation, assieds toi devant ton ordi/tablette/TV et profites.

giphy3

5. Des choses inutiles tu liras

Genre les commentaires Facebook. Les programmes des présidentielles. Des choses qui font souffrir quoi. A ce stade de non productivité il faut tenir le coup. Parce que oui, les commentaires Facebook ça donnes envie de mourir.

giphy4

6. Des choses improbables tu feras.

Evidemment des choses qui n’ont aucune utilité. Genre faire tes vitres avec ta salive, déchirer une feuille de papier à l’infini.. Laisse ta créativité s’éteindre !

giphy5

7. Face aux autres autres s’activent dans le monde entier tu culpabiliseras

Oui parce que autant de nonchalance dans un monde où tout le monde se tue à la tâche c’est criminel.

giphy6

8. Et puis non.

giphy8

9. Des articles débiles sur ton blog tu écriras.

Ça marche aussi avec des photos de Cocopops Instagram, des tweets à propos du nombre de petites cuillères que tu as dans tes tiroirs… (le tout en trouvant des gifs rigolos) (oui, la vie c’est les gifs) (ou les gifs c’est la vie ?) (bref)

giphy9

 

10. Envie de mourir parce que tu n’auras pas bossé ton PFE tu auras.

Bah là, je peux pas être plus claire.

giphy10

 

Et si tu as réussi à franchir toutes les étapes, tiens c’est cadeaux. Tu viens de ruiner ta journée à ne rien faire, et je suis fière de toi. Cœur avec les doigts comme on dit.

Ce regard.

LE DEVOIR DE REMPLIR SA VIE

Bien le bonjour à toi. Aujourd’hui j’avais envie de te dire un truc. De parler avec toi d’un constat, d’un réflexion, d’un truc qui me turlupine depuis un moment.

Je vais pas te raconter ma-vie-mes-traumatismes-mes-joies-mes-peines-mon-historique-google-que-j’ai-mangé-des-carottes, mais j’ai eu pas mal de temps pour réfléchir ces derniers temps. Au sens de la vie tout ça.

Il s’est avéré que je me suis retrouvée avec beaucoup de temps devant moi, genre six mois. En fait, j’ai un peu fait craquer son slip à mon corps, il était en sale état, et j’ai raté mon diplôme, alors j’avais six mois à attendre pour le repasser. Attendre. Je sais. Je te vois venir. Je te vois. « Attendre, oh la fainéante, trouves toi un job« . Eh ben oui, c’est là ou je veux en venir.

On va considérer que j’avais une bonne excuse, ne revenons pas la dessus, mais j’avais six mois pour me retaper, mener deux petits projets sympatoches et trouver un nouveau sujet de diplôme. Large quoi. Et puis finalement aucun des deux petits projets n’a abouti. Concrètement, je n’ai donc RIEN fait pendant six mois. Hormis trouver un sujet de diplôme & le démarrer tranquilou.

Mais, ne rien faire, donc on est d’accord que le sens du mot veut bien dire que je suis donc restée à végéter dans mon lit. Ahah. Tu vois hein, je n’ai donc pas rien fait. Je n’ai donc rien fait de VALORISABLE. Nuance. Mais, valorisable, pour qui, par qui ?

C’est là que je fais appel à toi. Moi je me suis beaucoup dit ça aussi, que si on me demande ce que j’ai fait pendant ces six mois, bah, j’aurai rien à dire. A un futur employeur, ou même à n’importe qui en fait. N’importe qui se dira que je ne suis qu’une personne sans motivation qui vit sur le dos de ses parents sans scrupule. Ah le jugement de valeurs, une des réjouissances de ce monde. Il faut rentabiliser sa vie.

Mais une valeur, qu’est-ce que c’est ? Est-ce que ça ne dépend pas d’un point de vue ? Tu vois où je veux en venir ? Au final la valeur accordée à telle ou telle chose c’est pas vraiment objectif tu vois, ça dépend de plein de chose. Une société accordera de la valeur au travail, une autre à l’épanouissement spirituel, une autre à la richesse.. bref des milliers de choses dépendent de point de vue de ce qui est important ou non à avoir/faire dans sa vie, et on peut voir des milliers de différences à tout un tas d’échelle communautaires différentes.

Mais en fait. J’avais besoin psychologiquement et physiquement de prendre du temps pour moi. Une faible que je suis. Oui je sais, y’a des tas de gens qui ont leur diplôme, qui vivent leur vie difficile sans pleurer, sans poser de problèmes, qui font et qui serrent les dents. Y’a pas de raisons que j’y arrive pas. Ou alors je suis faible. Ou j’en ai pas vraiment envie. Autre jugement.

La différence sur le comment gérer sa vie, ses émotions, ses peurs, frustrations. Si tu n’y arrives pas, tu es un faible, un nul. Ah. Alors oui, soit. En vrai, est-ce que tu trouves ça vraiment bien, genre est-ce que tu penses qu’avec ce raisonnement on peut rendre une société meilleure ? Genre vraiment. Je sais pas moi, je me demande.

Pour en revenir à ces six mois, j’ai pu prendre du recul sur ma future profession, alors que j’ai toujours eu le nez dedans sans me poser de questions, à accepter et prendre pour argent comptant tout ce qu’on me disait. Et quand tu prends du recul, tu peux te poser des questions. Te demander ce qui est vraiment important. Quelles valeurs sont réellement importantes pour toi.

Et puis j’ai pu faire tout un tas de trucs probablement futiles et inutiles, du genre lire des bouquins, faire de la peinture, de l’aquarelle, du tricot, réfléchir au sens de la vie et comment être heureux. Comment être une meilleure personne, comment rendre les gens autour de soi heureux. Du coup, moi j’en suis ressortie vachement grandie, ça fait probablement partie des moments de ma vie où je me suis sentie le plus grandie, où j’ai le sentiment d’avoir appris tellement de chose.

Mais tout ça, ça n’a aucune valeur. Pas de place pour l’oisiveté. Si tu ne travailles pas, tu n’es pas rentable. Tu n’es pas rentable parce que potentiellement tu ne peux pas rapporter d’argent. Je dis ça je dis rien. Ça a l’air sympa comme société dans laquelle vivre où y’a ce mode de pensée. Il faut que tu fasses 500 mille trucs, que tu voyages + que tu travailles + que tu te cultives +…

Ah. On y vit.

Mais toi, tu y gagnes quoi ? Loin de moi l’individualisme, mais est-ce que tu es heureux comme ça ? Est-ce que tu voyages pour les autres, pour dire que tu as voyagé ou alors tu cours après une reconnaissance ? En vrai la réponse elle vient pas toujours tout de suite. Mais peut-être que si on se demandait pourquoi on fait toutes ces choses, on se rendrait compte que tout ça ne nous rend pas forcément heureux. Peut-être, je sais pas. Et que quand on est frustré, on est rarement apaisé et compatissant avec les autres. Oui, c’est un raccourcis rapide de ce que j’ai pu lire dans des trucs inutiles pendant que je faisais rien.

Maintenant j’aimerais quoi toi aussi tu me dises si tu t’es déjà posé ces questions. Et puis si tu es heureux. J’ai probablement été floue, imprécise, mais je voulais partager ça comme je pouvais. J’ai probablement oublié tellement de trucs. Et puis en fait j’aimerais qu’on discute de tout ça, alors raconte moi.

Et si tu es curieux, je te laisse avec quelques bouquins que j’ai tout particulièrement aimé parce qu’ils m’ont aidé à me poser toutes ces questions, à remettre en question tout et n’importe quoi.

Voila, je te fais des bisous compatissant en attendant la prochaine fois où tu passeras dans le coin.

Maud

DE L’IMPRESSION DE NE PAS ÊTRE À SA PLACE

Aujourd’hui je te retrouve avec un titre ultra joyeux, comme tu peux le voir. J’avais envie de partager quelque chose avec toi, un petit bout de ma vie, parce que je me suis dit que je n’étais probablement pas la seule dans cette situation. Et au grand désespoir les grandes solutions, comme on pourrait dire.

Si tu as fait un petit tour sur le blog et que tu as été chercher qui j’étais, tu auras pu noter que je suis étudiante en architecture. Sans te faire l’historique détaillé pour remonter aux origines de cette prise de conscience, mais ça fait deux ans à peu près que j’ai commencé à sentir se sentiment (sentir un sentiment, merci Maud), notamment dans mes études, de ne pas être à ma place. Je m’explique. Je vais pas te faire un procès des études d’architecture, c’est pas le but.

Concrètement, quand je suis rentrée à l’école, j’étais joie et amour. Je pensais que j’allais faire des beaux dessins dans une liberté absolue et vivre d’amour et d’eau fraîche. Je rigole, j’exagère, mais tu vois où je veux en venir. Et finalement, tu te rends compte qu’il faut très vite que tu rentres dans le moule, alors vu que toi aussi tu veux être le futur Jean Nouvel (vomi) de la France, tu obtempères et tu te dis que OUI, toi aussi tu peux être un futur dieu créateur qui va apprendre aux gens comment vivre. Tu sens l’ego qui gonfle là ?

A côté de ça, j’ai une conscience écologique qui a émergée, avec l’aspect social qu’il englobe, faire attention à la planète, faire attention aux autres, mais surtout être humble vis à vis de la nature, et de manière générale. Et là, tu mets en parallèle avec mes études, le truc du dieu créateur et tout. Et là (trop de « et là« ), plein de questions sont venues percuter mon petit cerveau. Je me suis demandé quel était le sens de concevoir des musées, des complexes multiculturels de la mort qui tue, alors qu’à côté de ça, la plupart des gens vivent dans des appartements, maisons mal foutus, que certains n’ont même pas les moyens d’avoir un toit au dessus de le tête. Je dis pas qu’il faut pas de musées, mais concrètement, est-ce qu’on construit des musées toutes les semaines ? Non. Alors que des immeubles ça y va. Et apprendre comment concevoir un projet de logement responsable écologiquement et socialement parlant, ça par contre on l’apprend pas trop. Enfin si, tu peux, mais débrouille toi tout seul. Mais bref, soit, c’est important de savoir faire un musée avec une architecture grandiloquente pour flatter son égo. (et montrer à l’univers entier que tu domines le monde en passant).

Et puis ensuite, v’la le projet de fin d’étude, avec un tuteur qui te laisse une totale liberté (oui, y’en a quelques uns). Et là tu te dis, merde, c’est le moment ou jamais de faire un projet que j’aime, où je peux mettre mes valeurs dedans et tout et tout. J’étais en joie. Et je suis pas la seule à m’être dit ça. A vouloir faire un projet pour des gens, avec des futurs utilisateurs, à réellement se mettre au service d’une demande pour coller au mieux à ce que des gens peuvent attendre d’un lieu, d’une maison, d’une place, d’un bâtiment etc, parce que ça fait plus sens pour toi que de construire une tour. Je sais pas moi, pour rendre heureux des gens avec mes maigres petites compétences. Et puis tu te mets à entendre des choses du style « c’est pas de l’architecture« , ou encore « oui bon, écouter les gens, faire du social ça va bien 5 minutes« .

A côté de ça, tu regardes le monde autour de toi, tu vois le racisme, le sexisme, et toutes les autres formes d’intolérance qui apparaissent de manière répétées, décomplexées dans la rue, dans les médias, partout. Loi travail, les ratés écologiques, nombres de votant pour les partis racistes qui augmentent. Quand tu dis à quelqu’un que tu vois une naturopathe, que tu essaies de manger bio, d’utiliser des cosmétiques bio, on te regarde comme si mangeais de l’herbe à 4 pattes dans un champ. Quand tu dis que tu penses qu’on devrait chercher à être heureux dans la vie, que notre travail, nos études ne devraient pas nous bouffer, on te répond qu’il serait temps que tu comprennes que la vie c’est dur, et que si tu souffres pas c’est que tu fais pas d’efforts, et que, de fait tu mérites pas.

Et à ce moment là, je crois que l’expression anglophone « DO NOT FIT » est plutôt appropriée. Et là deux choix s’offrent à toi : assumer la différence et tes convictions, et te dire qu’un jour ça payera, ou alors abandonner et se ranger. Ou alors se jeter par la fenêtre (non, j’déconne). Et ça devient une force. Et tu te rends compte que même si tu es minoritaire, et qu’on est minoritaire, ça n’est pas ça qui te fera taire. Parce qu’avoir des convictions, un libre arbitre qui te permet de remettre en questions les choses, c’est ce qui peut te permettre de trouver des solutions là où les autres ont le nez collé à leur habitudes, à leur dogmes, à leur grandes vérités toutes faites, et qui peut être, fera de demain un monde meilleur. Être différent, c’est pas être anormal, ça fait pas de toi un crétin fini, ça fait juste de toi quelqu’un d’indépendant, riche, intelligent. Et surtout, croire en ses convictions, c’est faire la paix avec soi même, et j’ai envie de dire, qu’on serait vachement plus heureux.