J’AI LU & J’AI VU : DANS LA FORÊT & INTO THE FOREST

Oui je sais, ça fait à peu près 1500 ans que j’étais pas venue te raconter n’importe quoi ici. Mais là, c’est du lourd. Du TRÈS LOURD. (Suffisant pour que je daigne venir ici t’en parler, c’est dire). Je vais te parler d’un bouquin, du genre qui change un peu ta vie, même pas qu’un peu, et ce livre c’est Dans la forêt, de Jean Hegland, parut aux éditions Gallmeister en 2017 (coeur coeur coeur coeur à ces éditions), et son adaptation Into The Forest, sorti en 2015 (que tu peux trouver sur Netflix éhéh). Je sais, tu vas me dire que le film date d’avant le livre, mai en fait il a tardé à être traduit en français, parce qu’il a été publié initialement en VO en 1997.

Bref. Je vais d’abord te parler du livre de manière assez détaillée, que j’ai lu avant de voir le film. Je partagerai ensuite sur mon avis sur le film, sans revenir évidemment sur l’histoire etc.

 

LE LIVRE


DANS LA FORÊT

 2017 VF  ●  Jean Hegland ●  Roman ● Nature writing  ●  Américain ●  304 pages

QUI QUE QUOI OÙ ?

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Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’électricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.

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Alors,comme tu l’auras compris, on va suivre le quotidien de deux sœurs, dont les parents sont décédés et qui vivent dans la maison familiale au milieu des bois. Genre sans voisins etc. Et en fond, tu rajoutes une sorte d’apocalypse/fin de la civilisation, ambiance quoi. Aussi, le livre n’a pas de chapitre, puisqu’il est rédigé sous forme de journal. Au début, ça me dérangeait un poil, parce que tu ne sais pas quand t’arrêter.  Genre t’es pris au piège. Oui, je sais qu’au fond tu comprends. Mais bref, peu importe.

 

UN ROMAN SUR LA SORORITÉ

Ce livre c’est un récit sur deux sœurs, deux sœurs qui s’aiment, qui vont parfois se haïr face à leur isolement. Dans le cas de Nell & Eva, elles sont très différentes et surtout ont chacune un projet de vie, Eva veut devenir danseuse dans un ballet & Nell veut rentrer à Harvard. Elles sont supposées finir le lycée et « démarrer » une nouvelle vie, mais cette sorte de fin de la civilisation va les obliger à rester loin de la ville, de leur objectif de vie, de cette vie qu’elles trépignaient d’entamer. Elles vont donc se retrouver forcées de cohabiter seules, sans électricité, face au manque de tout ce qui faisait leur quotidien avant cette crise, et surtout face à l’acceptation que, peut-être, l’avenir qu’elles avaient imaginé n’arrivera jamais. Et face au manque de tout, elles vont devoir s’organiser, partager, faire des choix pour se rationner, pour survivre. Tout le livre dépeint cette entraide qui tourne parfois à l’affrontement, et qui témoigne de cette situation extrême dans laquelle elles se retrouvent, avec aucun autre choix que de se rappeler, ou d’apprendre, de quoi elles ont réellement besoin : de l’une de l’autre. Ayant moi même une soeur, évidemment que ce livre a eu énormément d’échos en moi, et je ne sais pas trop comment expliquer à quel point ce bouquin est poignant et puissant. Leur relation est tellement puissante, leur amour tellement fort qu’elles pourront tout affronter, à condition d’être ensemble. Et ça, c’est ce qui rend ce livre tellement beau.

 

UNE ODE À LA NATURE

Ce livre c’est aussi un rappel de ce qui est important au delà des liens humains. Coincées dans leur forêt, dont elles veulent sortir pour aller en ville, elles vont devoir apprivoiser cet environnement, qu’elles avaient plus ou moins ignorés jusque là, pour survivre. Au départ hostile, inquiétante, cette forêt qui les entoure, personnifiée, va petit à petit devenir une extension de leur maison, un chez soi autant que la maison familiale. Ce roman nous montre à la fois d’un point de vue pragmatique tout ce dont regorge la nature pour se nourrir, s’abriter, etc; et en même temps avec cette situation de survie nous questionne sur ce dont nous avons vraiment besoin dans la vie. D’une manière, je suis sortie de ce bouquin avec envie de donner tout le contenu de mon appart à Emmaus. Revenir à l’essentiel, voilà ce qu’il te dit ce roman. Et c’est tellement beau. Et tellement puissant. J’en ai même versé une larmichette (et j’ai pas la larme facile devant un bouquin, alors c’est dire).

 

 

LE FILM


 INTO THE FOREST

 2015  ●  Patricia Rozema  ●  Drame/Thriller  ●  Canadien ●  1h41

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Bon, alors je vais t’épargner un second résumé, puisque c’est une adaptation tu te doutes que ça va parler de la même chose. Merci Captain Obvious. Je vais pas spécialement te faire étalage des différences entre le film et le bouquin, mais je vais commencer par te dire que, pour le coup, le film est une sorte de condensé du livre. Je m’explique. (oui, j’avais dit pas de jeu des différences et je commence par une comparaison, je sais) (roh ça va hein).

Le livre, puisque c’est sous forme de journal et que, si je caricature, c’est la fin du monde et qu’elles sont coincées dans les bois sans voisins, eh bah.. il se passe pas grand chose en fait, si tu cherches de l’action passe ton chemin. C’est un roman plutôt contemplatif, dans lequel tu plonges littéralement quand tu le lis. A chaque pause, tu dois ressortir du bouquin, il a une capacité immersive assez dingue. C’est lent, ça t’emporte, ça t’enveloppe, ça  laisse pas indemne. Mais vu que le rythme est lent, tu as le temps de digérer chaque chose, chacun de leur choix, de leur dispute, de leur conversation, tout est intense mais pas brutal.

Mais pour le coup, le film lui est beaucoup plus rythmé, même s’il se passe encore une fois pas tellement de chose, dans le film les grands événements sont beaucoup plus rapprochés. Et moi qui pensait arriver à le digérer tranquille. QUE NENNI. Alors, certaines choses n’apparaissent pas dans le film, mais j’ai envie de dire PUTAING. Je l’ai trouvé hyper poignant, je me suis sentie trahie parce que j’aime pas trop les films qui te font verser toutes les larmes de ton corps. Eh bien, je sais pas trop si j’étais fatiguée, si j’avais les hormones en folie, mais j’ai passé un moment sacrément intense.

Du coup, je me rend compte que ça ne te dit pas trop si tu dois le voir ou non, mais pour conclure j’ai beaucoup aimé le film. J’ai une large préférence pour le livre, clairement, mais le film est à sa manière ultra puissant, avec deux actrices vraiment excellentes, et il est très beau. Donc oui, je te recommande aussi ce film, si tu as envie de passer un moment intense en émotions qui va te mettre en PLS sur ton canapé à te goinfrer de chocolat pour oublier. Evidemment, le livre et le film (mais le livre beaucoup plus) traite aussi de la question de l’héritage familial, des situations extrêmes de survie, et d’autres sujets que je ne peux pas détailler, à moins de rédiger une dissert/un mémoire/etc. MAIS, comme tu l’auras compris, ce livre c’est un petit BIJOU.

Une petite dernière chose, je te conseille de lire le livre d’abord, parce que vu qu’il ne se passe pas énormément de choses, et que le rythme est lent, si tu vois le film tu risques de t’impatienter en lisant le bouquin ensuite, en attendant les « gros » événements.

Et maintenant c’est vraiment, la fin, je te laisse avec un petit extrait. (et j’espère l’envie de courir dans ta librairie la plus proche pour dévorer ce roman fabuleux).

 

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Ta vie t’appartient. Lorsque l’un de nous courait vers elle pour se plaindre de l’autre – Eva refuse d’être le prince, Nelle est en train de couper les cheveux de sa poupée, Eva ne veut pas ranger sa chambre – elle répondait mi fermement, mi fièrement, sa vie lui appartient. Un jour tu compendras. Puis elle nous ébouriffait les cheveux, ses longs doigts massant notre crâne pendant un bref et doux moment avant de reprendre sa navette.

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