LE JOURNAL DES CINQ SAISONS, RICK BASS

Oyé oyé, aujourd’hui on parle livre. Mais pas n’importe lequel. On parle de livre qui te transcende, qui fait que tu en ressorts pas indemne. De prime abord, je pensais que ça serait un bon bouquin du type nature-writting, comme disent si bien les anglophones. Mais en fait, ce fut une grande claque. Le genre qui, quand tu lis la dernière ligne et ferme le livre tu te dis « OH PUTIN. ». Oui, rien que ça. Le genre de bouquin où tu t’en remets pas tout de suite quoi. C’est un livre qui te donne envie de t’installer au fin fond de la forêt pour admirer les écureuils et les chevreuils pour le restant de tes jours. Si tu es du genre contemplatif, amoureux de la nature, écolo dans l’âme, alors ce livre est pour toi, et je vais te dire pourquoi.  Vois un peu :

QUI QUE QUOI OÙ ?

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Au Montana, entre la rudesse de l’hiver et l’explosion du printemps, se glisse une cinquième saison, quand les glaces se transforment en boue et la végétation n’a pas repris ses droits. Rick Bass la décrit avec l’émerveillement du poète, comme plus tard les oies remontant du sud et les ours noirs arpentant les pentes inondées de soleil. Témoignage le plus abouti de l’écrivain sur la vallée du Yaack, cet ouvrage est une déclaration d’amour à une nature sauvage qui risque de disparaître.

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1507-1

 

Le livre est découpé en douze chapitres, pour chaque mois de l’année. Tu démarres l’aventure en janvier, et la termine en décembre. Comme le nom l’indique c’est le journal donc de Rick Bass, qui vit dans le Montana, au fin fond de la forêt, avec sa femme et ses filles. Je ne dirais pas que c’est un roman d’aventure, enfin c’est pas la guerre pour la survie quoi. Il ne se passe pas grand chose, c’est essentiellement une description des phénomènes naturels qui s’écoulent au fil des jours, des mois. Mais au final, pas besoin de ça. C’est tellement PUISSANT.

UNE SUBLIME ODE À LA NATURE

Alors oui, tu l’auras compris, ce livre est une ode à la nature, à sa beauté, à sa force. L’auteur décrit la nature en un sens dans ce qui peut paraître banal, dans ce qui fait le quotidien, les rythmes qui peuvent paraître imperceptibles, mais mis bout à bout on a alors un récit quasi magique. Quand tu lis ce livre, au fil des pages tu vois les couleurs, tu sens les odeurs, tu entends les sons de cette nature sauvage, protégée mais pourtant très fragile. En assemblant tous ces micro-détails qui témoignent des cycles de la nature, Rick Bass te donne une autre vision du quotidien, de la nature au sens large. Après ce livre, tu ne regarderas plus n’importe quel bosquet ou coin d’herbe de la même manière, ce sont des lieux regorgent de vie, peu importe leur taille et leur forme. L’auteur te montre à quel point la nature semble être un engrenage parfaitement rôdé, tout tourne parfaitement (les incendies l’été qui ravagent la forêt mais qui pourtant sont nécessaires au renouvellement de la vie), et c’est en ce sens que ce livre est une ode parfaite. C’est un récit puissant. Tu démarres en novice en janvier, tu apprivoises cette forêt au fil des pages avec l’auteur, tu avances avec lui mois après mois pour être chaque page un peu plus en phase avec la nature.

UN RECIT HUMBLE

Ce qui fait la force du livre selon moi, c’est l’attitude sans prétention de l’auteur, il cherche à comprendre en permanence ce qui l’entoure, il se questionne sur ses choix et se demande si c’est la bonne solution, la bonne attitude, le bon raisonnement. Un bel exemple est celui où il se demande comment il peut à ce point aimer observer les chevreuils, et à ce point aimer les suivre, les traquer pour les tuer afin de se nourrir. C’est un récit qui t’amène toi même à te poser des questions, il n’est pas là pour te noyer sous des injonctions à appliquer sans poser de question, avec des réponses génériques toutes faites. L’auteur avec son incertitude, en un sens, sur le rapport humain/nature te permet de toi aussi réfléchir à tout ça, de réfléchir à l’usage que l’on fait de notre planète, et le rythme effréné auquel on consomme les ressources. On est à mille lieues du ton moralisateur qui résonne souvent dans les documentaires sur l’environnement. Ici, on un récit plein d’espoir, malgré les mises en garde sur la fragilité de cette nature. Il remet l’homme au cœur de cet écosystème qu’est la Nature, en s’installant dans un contexte naturel sauvage pour tenter de vivre en symbiose avec cet environnement magnifique.

UN RECIT SUR LA TRANSMISSION DES VALEURS

Enfin, le dernier point dont il faut que je te parle c’est le rapport que l’auteur entretient avec ses enfants. Dans cette idée de toujours se questionner, l’auteur, tout au long du récit, se demande si le mode de vie qu’il a choisi est juste quant à l’éducation de ses filles. Encore une fois, il t’amène à te questionner sur l’importance en un sens d’inculquer des valeurs à tes enfants sans les enfermer dedans. Quel est le point d’équilibre ? Vivre dans la forêt, jouer à reconnaitre les essences d’arbres, etc, pendant que les enfants « normaux » jouent à l’ordinateur ou avec les dizaines de jouets qu’ils ont à dispositions chez eux, est-ce trop ? Est-ce qu’avec ça ses filles trouveront le moyen de s’intégrer si elles le souhaitent dans cette société toujours plus mobile, numérique, rapide, stressante ? Est-ce que vivre en symbiose avec son environnement et en prendre soin de lui ça ne devrait pas être ça la normalité ? La clé pour qu’enfin on prenne soin de cette Terre qui nous accueille ?

► LE MOT DE LA FIN

En un mot, si je devais résumer ce livre je dirais sans doute BOULEVERSANT. C’est assez étrange comme sensation. Au final, le récit est long (quelques 600 pages), et comme je le disais il ne se passe foncièrement pas grand chose. Mais au fur et à mesure que tu avances dans le livre, tu as l’impression d’habiter avec l’auteur, de faire partie un petit peu de cette vallée du Yaack, et à la fin, tu souhaiterais juste que ça continue encore et encore. En un sens, ce livre c’est presque une leçon de vie, bien qu’il n’y ait pas de leçon à proprement parler, mais ça questionne profondément notre société, et notre rapport à la nature. On se rend compte de la perfection, du caractère grandiose de celle ci, et ça t’amène à te dire « Mais oui, nous faisons partie de cet écosystème et nous devons le protéger ».
Voilà, je crois que c’est tout pour moi ! Et toi tu l’as lu ce livre ? Ou alors je t’ai subjugué et tu es en train de courir l’acheter ? Dis moi tout ! En attendant, je te laisse avec une petite citation.

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Jour après jour, je reste sur cette chaise, laissant de côté mon travail, et regardant littéralement pousser l’herbe. J’écoute l’herbe pousser ; et je vois sa couleur foncer peu à peu tandis que les feuilles et les aiguilles alentour continuent à pousser, s’étendant de plus en plus, fournissant à ma cabane une ombre de plus en plus épaisse, alors même que la cuvette de lumière verte, le bassin qu’est ce marais entier devient chaque fois plus chaud, plus brillant.                                                                                                                                                                                                                                                                        >>

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