CE SOIR JE (RE)REGARDE : DRIVE

Bien le bonjour à toi, on se retrouve pour un nouvel article « Cinéma ». J’étais dans cet état de larve digne d’un dimanche après midi, et je me suis dit qu’il fallait que je fasse quelque chose. Quelque chose comme clôturer ce week-end par un film digne de mon état. Et je me suis dit qu’il fallait que je partage ça avec toi. Posons le décor. On est dimanche, il fait gris, on se roule en boule au fond de son lit et on profites de cette fin de week-end. Si toi aussi le désespoir s’est emparé de ton âme, et que tu te sens l’âme mélancolique, alors j’ai le remède parfait pour toi. Mon film préféré de toute la vie de l’univers :

DRIVE MON AMOUR.

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Bande annonce ici

Concernant les banalités, le film est sorti en 2011, il dure 1h 40min. C’est un film de Nicolas Winding Refn (cas où l’affiche suffisait pas), avec entre autre Ryan Gosling, Carey Mulligan, Bryan Cranston (oui, le papa de Malcolm).

Synopsis mes amis :

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Un jeune homme solitaire, « The Driver », conduit le jour à Hollywood pour le cinéma en tant que cascadeur et la nuit pour des truands. Ultra professionnel et peu bavard, il a son propre code de conduite. Jamais il n’a pris part aux crimes de ses employeurs autrement qu’en conduisant – et au volant, il est le meilleur ! Shannon, le manager qui lui décroche tous ses contrats, propose à Bernie Rose, un malfrat notoire, d’investir dans un véhicule pour que son poulain puisse affronter les circuits de stock-car professionnels. Celui-ci accepte mais impose son associé, Nino, dans le projet. C’est alors que la route du pilote croise celle d’Irene et de son jeune fils. Pour la première fois de sa vie, il n’est plus seul. Lorsque le mari d’Irene sort de prison et se retrouve enrôlé de force dans un braquage pour s’acquitter d’une dette, il décide pourtant de lui venir en aide. L’expédition tourne mal… Doublé par ses commanditaires, et obsédé par les risques qui pèsent sur Irene, il n’a dès lors pas d’autre alternative que de les traquer un à un…

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UNE ESTHÉTIQUE SUBLIME

Alors la première chose qui fait que ce film est pour moi un film doudou, c’est qu’il est juste sublime. Les plans de nuits sont tellement parfaits, les contrastes entre les lumières de la ville, de la vie, et l’obscurité de la nuit donne un côté rêve éveillé, ça te plonge dans une espèce de torpeur contemplative, parfait pour une soirée mélancolie ultime, voui voui.

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Faut-il en dire plus ?

UN FILM CONTEMPLATIF

Alors, pour ceux qui ne serait pas hyper adeptes des films contemplatifs, attention attention. Clairement il est assez lent, mais c’est nuancé avec des scènes très rapides et violentes qui contrastent avec le reste du film. Ce coté contrasté décuple les effets des chaque scène clé, c’est comme un mini feu d’artifice à chaque fois. JE TE JURE. (On en parle de cette scène d’ascenseur ?) (Fais attention à toi si tu n’as pas vu ce chef d’oeuvre). Me concernant, je ne me suis pas ennuyée une seconde, tu savoures chaque seconde, chaque minute comme un carreau de chocolat que tu laisses fondre sur la langue. Tu te délectes de chaque seconde. Enfin, c’est l’effet que ça me fait. Rigoles pas.

BILAN : MÉLANCOLIE QUAND TU NOUS TIENS

Tu l’auras compris, moi je l’aime d’amour Drive. Des acteurs géniaux, des plans parfaits, une bande son GÉNIALE. En fait, ce film c’est à la fois de la douceur, des moments de bonheur brefs mais tellement parfaits, et de la violence sortie de nul part qui te met une claque et te plonge un peu plus à chaque fois dans la descente aux enfers du Driver. Et tout ça, ça fabrique une espèce de mélancolie douce, agréable, parfaite. (trop de perfection). En plus, dernier avantage, c’est qu’il y a une fin qui colle vraiment à l’ambiance du reste du film, et qui met un point final PARFAIT (et ce serait le dernier parfait). Sur ce, je crois que je ne vais pas m’étaler plus, je cours m’enfouir sous une couverture pour profiter de cette soirée en compagnie de Ryan Gosling et ma tisane de camomille.

Et toi tu l’as vu ? Tu l’as aimé ? Détesté ? (mon coeur meurt) Dis moi tout !

A très vite (vite vite).

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J’AI LU : SILO (1,2 et 3) (et c’était vachement bien)

Salut à toi ! Je reviens pour te parler de livre, et pour te la faire court : de ma première expérience Science Fiction. Avant ce livre, je ne m’étais jamais vraiment penché sur la littérature Sci-fi, pas que j’étais remplie de préjugés, mais par « flemme » de plonger dans des univers qui demandent qu’on soit à 100% dedans pour suivre. Et puis, je suis tombée sur la chaine Youtube de La brigade du livre (soit dit en passant, une chaine supermégacool), et un jour, Silo est apparu. Bizarrement, je me suis dit « il me faut ce bouquin, ça a l’air super cool ». Et après l’enfer du mémoire, j’ai décidé de lire autre chose que des théories sur la patrimonialisation (essaie de dire ce mot très vite, à haute voix, plusieurs fois, tu comprendras l’enfer du mémoire…), et je me suis lancée. Sois tranquille, il n’y a pas de spoiler pour le tome 1, par contre si tu n’as pas lu le premier je te conseilles de ne pas lire ce que je vais pouvoir raconter sur le tome 2 et 3, histoire de profiter du premier livre à fond. Voili voilou.

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TOME 1 : ACCROCHES TOI POUR DÉCOLLER

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Dans un futur postapocalyptique indéterminé, quelques milliers de survivants ont établi une société dans un silo souterrain de 144 étages. Les règles de vie sont strictes. Pour avoir le droit de faire un enfant, les couples doivent s’inscrire à une loterie. Mais les tickets de naissance des uns ne sont redistribués qu’en fonction de la mort des autres. Les citoyens qui enfreignent la loi sont envoyés en dehors du silo pour y trouver la mort au contact d’un air toxique. Ces condamnés doivent, avant de mourir, nettoyer à l’aide d’un chiffon de laine les capteurs qui retransmettent des images de mauvaise qualité du monde extérieur sur un grand écran, à l’intérieur du silo. Ces images rappellent aux survivants que ce monde est assassin. Mais certains commencent à penser que les dirigeants de cette société enfouie mentent sur ce qui se passe réellement dehors et doutent des raisons qui ont conduit ce monde à la ruine.

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Alors là. J’ai rarement eu des moments de lectures « éprouvants » dans ma vie, mais je peux te dire que j’ai failli abandonner lâchement. Les 200 premières pages (sur 700 au total), t’as un peu envie de jeter ce livre aux oubliettes, et de faire quelques choses de plus productif de ta vie. MAIS EN FAIT.

Parce que je déteste laisser un livre semi entamé, j’ai décidé de m’accrocher, me disant qu’il fallait que je me mette dedans, que l’histoire allait ENFIN démarrer. Eh ben, j’ai bien fait. Au début, on te dépeint donc l’univers du Silo, dans lequel le reste de l’humanité vit, une société qui apparaît alors assez caricaturale. Les riches en haut, près de la surface, près de l’écran qui montre l’extérieur, et en bas les pauvres, les ouvriers et les machines. Les personnages sont décrits de manière caricaturale encore une fois, mais selon moi, tout ça est fait exprès pour montrer à quel point cette société est une société totalitaire, ou chacun  a son rôle et le comportement stéréotypé qui lui correspond, et SURTOUT personne ne fait un pas de travers. Du coup, concrètement, tu te demandes ce qui t’as bien pris de lire ce livre. Ok les gens vivent dans un immense silo sous terre, d’une centaine d’étage, ils ne peuvent pas sortir sinon ils meurent. OK soit. Jusqu’à ce que.

Et d’un coup, ça se lance enfin (je te dis, faut aller au delà des 200 premières pages). Tout le début qui paraissait sans intérêt, où on te décrit le silo, comment les gens vivent etc, EH BIEN LES ETOILES S’ALIGNENT. Tout prend enfin du sens. Et ça devient super cool. Le rythme va vraiment crescendo, et je t’assure que les 100 dernières pages j’étais en haleine, et je ne pouvais en aucun cas m’arrêter de lire.

MON BILAN :

Alors honnêtement, en terme de science fiction, je ne saurais te dire si c’est un livre excellent ou une crotte totale. Mais moi, j’ai adoré. Le fait que touuuut ce qui paraissait insignifiant prend un sens au fur et à mesure, et que ça se termine en mode : MON DIEU DONNEZ MOI LA SUITE, eh bien, pour moi c’est ce qui fait qu’un bouquin est vachement cool. Ce pourquoi j’ai acheté le deuxième volume.

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SPOILEEEER


TOME 2 ET 3 : DE MOUI MOUI À OH OUI

Histoire de pas te faire un article de 3 milliards de mots, je vais te parler des deux tomes en même temps. Si tu es un petit curieux et que tu aimes les spoils, t’inquiètes je n’en dirai pas plus que ce que disent les quatrième de couvertures. 😉

 

Silo Origines, Tome 2

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2049.Le député Donald Green, sollicité par le sénateur Thurman, travaille à la conception de ce qu’il croit être en passe de devenir un immense abri anti-nucléaire, haut comme un gratte-ciel, mais enterré. 2052, comté de Fulton, Géorgie. Le jour de l’inauguration de ce complexe architectural, un escadron de bombardiers survole la foule. Un roulement de tonnerre, une lumière aveuglante, des nuages en forme de champignon, les sirènes d’alerte au bombardement se déclenchent. Dans la panique générale, Donald est contraint à entrer dans un silo sans avoir réussi à retrouver sa femme, Helen. 2110. Troy se réveille difficilement de son sommeil cryogénique. Il doit prendre son poste à la tête de tous les silos. Mais qui est-il ? Et pourquoi l’oblige-t-on à avaler ces pilules censées provoquer l’amnésie ?

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MON AVIS :

Alors celui là, pour moi c’est le moins bien. Je t’avoue que je m’attendais à mieux, à ce qu’on t’explique tout dans les moindres détails, mais je suis pas sure d’avoir tout saisi sur le fonctionnement de ces fameux silos. Disons que ça se laisse lire quoi, mais pour moi il y a trop de longueurs qui n’apportent rien ou pas grand chose à l’histoire. Mais ça se rattrape à la fin, où encore une fois, tu veux connaitre la suite.

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Silo Générations, Tome 3

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A la suite d’un soulèvement, les habitants du silo 18 sont face à une nouvelle donne. Certains embrassent le changement, d’autres appréhendent l’inconnu. Personne n’est maître de son destin. Le silo est toujours sous la menace de ceux qui veulent le détruire. Et Juliette sait qu’elle doit les arrêter. La bataille pour le silo a été gagnée. La guerre pour l’humanité ne fait que commencer.

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MON AVIS :

Là, le niveau remonte quand même. Maintenant qu’on connait enfin le pourquoi du comment, on revient aux personnages et à l’époque de la fin du tome 1, avec des personnages du tome 2. Et le truc cool, c’est que on reprend là où on s’est arrêté à la tome 1, tu sais, où j’étais en mode : OH MON DIEU. Pour moi, il est un peu moins bien que le tome 1, parce qu’il y a moins cet effet crescendo de l’intrigue, tu peux éventuellement savoir où l’histoire voir et comment ça peut se finir (alors que pour le numéro un, pas du tout pour moi). Mais, il est quand même très bien !

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MON AVIS FINAL

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Alors, alors alors. Clairement, j’ai beaucoup aimé. Ce qui est cool, c’est que ça pose plein de questions sur le rapport à la démocratie, et surtout sur le pouvoir d’une population qui se rend compte que l’ordre dans lequel elle vit est contre-nature. Privé de liberté, règne de la peur, limiter les communications, effacer les traces de ce qui peut amener à réfléchir, à se poser des questions et à remettre en questions le modèle sociétal. BREF L’ENFER. Je ne sais pas trop si c’est innovant, mais me concernant j’ai trouvé ça vachement cool, avec des résonances actuelles et concrètes. Donc voilà, je ne peux que te le conseiller ! A moins que tu l’ais lu et trouvé nul ? Racontes moi, qu’on en discute et tout et tout !

Allez, à très vite !

J’AI VU : FREE STATE OF JONES

Salut à toi ! Comme tu le vois, nouvel article, nouvelle rubrique. Cette fois ci je viens te parler d’un film que j’ai vu récemment, Free State Of Jones de Gary Ross. Film sorti le 14 septembre de cette très chère année 2016, il est toujours à l’affiche (si jamais tu veux courir le voir après avoir lu ce que je vais te dire). Sache avant toute chose que je ne vais pas te faire une analyse cinématographique ultra précise plan par plan etc, non, je laisse ça à ceux qui savent le faire. Ici, je te parlerai uniquement de la manière j’ai perçu ce film, comment il a pu me toucher (ou pas), il n’est question donc que de mon ressenti. Bref, trêve de blabla.
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 SYNOPSIS

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En pleine guerre de Sécession, Newton Knight, courageux fermier du Mississippi, prend la tête d’un groupe de modestes paysans blancs et d’esclaves en fuite pour se battre contre les États confédérés. Formant un régiment de rebelles indomptables, Knight et ses hommes ont l’avantage stratégique de connaître le terrain, même si leurs ennemis sont bien plus nombreux et beaucoup mieux armés… Résolument engagé contre l’injustice et l’exploitation humaine, l’intrépide fermier fonde le premier État d’hommes libres où Noirs et Blancs sont à égalité.

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FREE STATE OF JONES, UN FILM BRUTAL…

Alors, pour tout te dire, mes connaissances en histoire de cette époque, et de ce sujet en particulier ne sont pas très conséquentes, donc concernant la véracité des faits, je ne pourrai pas te dire grand chose, hormis que ça se tient (ça à l’air, si si je t’assure). Par le sujet qu’il touche, la guerre de Sécession (et donc l’esclavage et tout ce qui tourne autour) tu te doutes qu’on est pas là pour faire des colliers de perles. Pour moi, le film montre assez bien la brutalité du combat idéologique à l’oeuvre. Clairement, les premières minutes te mettent dans l’ambiance (et une tête qui éclate, et une pluie de corps soulevés par les obus, yay), c’est la guerre et c’est pas une blague. Ces premières minutes donnent un ton assez brut au film, on enjolive pas, on montre comment ça se passe pour de vrai (enfin c’est comme ça que je l’ai ressenti), et ce côté brut, froid, de certaines scènes leur donnent un caractère super violent. Ca vient d’autant plus montrer l’absurdité de la guerre. Âmes sensibles s’abstenir, évite de manger une méga choucroute 5 minutes avant d’aller voir ce film. Enfin, c’est toi qui voit. Mais bon.
Et pour moi c’est cette brutalité qu’on retrouve tout le long du film qui fait que ce film est particulièrement puissant, et t’amène réellement à te questionner toi même, et la société actuelle avec tout le racisme qu’elle peut encore porter. Oui, l’homme est capable des pires atrocités, à se demander où est passée la Raison parfois (partie, envolée, enfuie) (un cerveau ? pourquoi faire?). Ce film c’est le combat d’un homme mais pas que. C’est aussi celui d’une communauté oppressée, réduite en esclavage, qui va lutter au côté d’un homme. Newton Knight, joué par Matthew McConaughey, voit au delà des couleurs des individus, pour lui, le combat doit être contre ceux qui oppressent (les riches propriétaires d’entreprises, de plantations de coton notamment, oublie pas que c’est l’époque de l’avènement de la révolution industrielle, où les Rockfeller, Vanderbilt et cie bâtissent leurs empires dans le sang s’il le faut), qu’ils oppressent des noirs, des blancs, peu importe. Et pour certains des protagonistes qui le rejoignent au début dans sa désertion, tu te rends compte que c’est pas forcément la même chose pour eux. Résister à ceux qui te forcent à te battre pour qu’ils s’enrichissent, ok, mais résister pour que tout le monde vive libre et égaux, que l’esclavage soit abolit, ça plait pas forcément à tout le monde.

… ET TOUCHANT

Le film au final pour moi en ayant ce côté assez « froid », assez dur, et même brutal dans certaines scènes, permet aux moments de solidarité, de bonté, d’entraide, d’amour d’avoir d’autant plus de puissance. Ce film montre comment d’un côté des hommes se déchirent, s’entre-tuent, et de l’autre la solidarité à toute épreuve que manifestent certaines personnes. C’est l’histoire de communautés aux liens puissants. Ce film touche au désespoir de ces personnes luttant pour leur droit, jusqu’à la mort, jusqu’à tout perdre pour façonner un futur où les personnes vivront libres et égales. Et rien que par ça, par le sujet qu’il traite, sans grand mélodrame larmoyant mais avec froideur, et réalisme, c’est un film qui va potentiellement te faire verser quelques larmichettes. Et te donner des frissons. Oh que oui.
Je te laisse avec la bande annonce, qui va finir de te convaincre héhé.

► LE MOT DE LA FIN

En somme, c’est un film que je te conseille vivement, puissant et qui a une résonance actuelle (moi j’aime j’aime j’aime), avec un jeu d’acteur au poil. Par contre, j’aurais un petit bémol à mettre. Le film a tout de même un coté très « le sauveur de tous », incarné par Newton Knight, et à côté les esclaves noirs paraissent un peu comme des suiveurs (bien que beaucoup moins vers la fin du film). Pour le coup, je n’ai aucune idée si c’est un choix scénaristique, en mode « ce mec est un héros encensons le à fond il a sauvé les noirs » (je caricature hein) où si c’est la manière réelle dont les choses se sont déroulées à l’époque. Néanmoins, sur la deuxième moitié du film cela se ressent moins. Bref,  je vais arrêter le blabla, et pour résumer ma tirade interminable, va voir ce film, je t’assure que tu ne seras pas déçu. Si tu aimes les biopics, les films historiques, et surtout les sujets qui touchent aux fondements des relations entre humains, je n’ai qu’une chose à te dire : GO GO GO GO !
Et sinon, dis moi si toi aussi tu l’as vu, où si tu comptes aller le voir, vas y exprimes toi, dis moi tout qu’on en discute !
A très vite !

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From this day forward we declare the land north of Pascagoula Swamp, south of enterprise and east to the Pearl River to the Alabama border, to be a Free State of Jones. And as such we do hereby proclaim and affirm the following principles. Number one, no man ought to stay poor so another man can get rich. Number two, no man ought to tell another man what you got to live for or what he’s got to die for. Number three, what you put in the ground is yours to tend and harvest and there ain’t no man ought to be able to take that away from you. Number four, every man is a man. If you walk on two legs, you’re a man. It’s as simple as that.

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Newton Knight

 

LE JOURNAL DES CINQ SAISONS, RICK BASS

Oyé oyé, aujourd’hui on parle livre. Mais pas n’importe lequel. On parle de livre qui te transcende, qui fait que tu en ressorts pas indemne. De prime abord, je pensais que ça serait un bon bouquin du type nature-writting, comme disent si bien les anglophones. Mais en fait, ce fut une grande claque. Le genre qui, quand tu lis la dernière ligne et ferme le livre tu te dis « OH PUTIN. ». Oui, rien que ça. Le genre de bouquin où tu t’en remets pas tout de suite quoi. C’est un livre qui te donne envie de t’installer au fin fond de la forêt pour admirer les écureuils et les chevreuils pour le restant de tes jours. Si tu es du genre contemplatif, amoureux de la nature, écolo dans l’âme, alors ce livre est pour toi, et je vais te dire pourquoi.  Vois un peu :

QUI QUE QUOI OÙ ?

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Au Montana, entre la rudesse de l’hiver et l’explosion du printemps, se glisse une cinquième saison, quand les glaces se transforment en boue et la végétation n’a pas repris ses droits. Rick Bass la décrit avec l’émerveillement du poète, comme plus tard les oies remontant du sud et les ours noirs arpentant les pentes inondées de soleil. Témoignage le plus abouti de l’écrivain sur la vallée du Yaack, cet ouvrage est une déclaration d’amour à une nature sauvage qui risque de disparaître.

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Le livre est découpé en douze chapitres, pour chaque mois de l’année. Tu démarres l’aventure en janvier, et la termine en décembre. Comme le nom l’indique c’est le journal donc de Rick Bass, qui vit dans le Montana, au fin fond de la forêt, avec sa femme et ses filles. Je ne dirais pas que c’est un roman d’aventure, enfin c’est pas la guerre pour la survie quoi. Il ne se passe pas grand chose, c’est essentiellement une description des phénomènes naturels qui s’écoulent au fil des jours, des mois. Mais au final, pas besoin de ça. C’est tellement PUISSANT.

UNE SUBLIME ODE À LA NATURE

Alors oui, tu l’auras compris, ce livre est une ode à la nature, à sa beauté, à sa force. L’auteur décrit la nature en un sens dans ce qui peut paraître banal, dans ce qui fait le quotidien, les rythmes qui peuvent paraître imperceptibles, mais mis bout à bout on a alors un récit quasi magique. Quand tu lis ce livre, au fil des pages tu vois les couleurs, tu sens les odeurs, tu entends les sons de cette nature sauvage, protégée mais pourtant très fragile. En assemblant tous ces micro-détails qui témoignent des cycles de la nature, Rick Bass te donne une autre vision du quotidien, de la nature au sens large. Après ce livre, tu ne regarderas plus n’importe quel bosquet ou coin d’herbe de la même manière, ce sont des lieux regorgent de vie, peu importe leur taille et leur forme. L’auteur te montre à quel point la nature semble être un engrenage parfaitement rôdé, tout tourne parfaitement (les incendies l’été qui ravagent la forêt mais qui pourtant sont nécessaires au renouvellement de la vie), et c’est en ce sens que ce livre est une ode parfaite. C’est un récit puissant. Tu démarres en novice en janvier, tu apprivoises cette forêt au fil des pages avec l’auteur, tu avances avec lui mois après mois pour être chaque page un peu plus en phase avec la nature.

UN RECIT HUMBLE

Ce qui fait la force du livre selon moi, c’est l’attitude sans prétention de l’auteur, il cherche à comprendre en permanence ce qui l’entoure, il se questionne sur ses choix et se demande si c’est la bonne solution, la bonne attitude, le bon raisonnement. Un bel exemple est celui où il se demande comment il peut à ce point aimer observer les chevreuils, et à ce point aimer les suivre, les traquer pour les tuer afin de se nourrir. C’est un récit qui t’amène toi même à te poser des questions, il n’est pas là pour te noyer sous des injonctions à appliquer sans poser de question, avec des réponses génériques toutes faites. L’auteur avec son incertitude, en un sens, sur le rapport humain/nature te permet de toi aussi réfléchir à tout ça, de réfléchir à l’usage que l’on fait de notre planète, et le rythme effréné auquel on consomme les ressources. On est à mille lieues du ton moralisateur qui résonne souvent dans les documentaires sur l’environnement. Ici, on un récit plein d’espoir, malgré les mises en garde sur la fragilité de cette nature. Il remet l’homme au cœur de cet écosystème qu’est la Nature, en s’installant dans un contexte naturel sauvage pour tenter de vivre en symbiose avec cet environnement magnifique.

UN RECIT SUR LA TRANSMISSION DES VALEURS

Enfin, le dernier point dont il faut que je te parle c’est le rapport que l’auteur entretient avec ses enfants. Dans cette idée de toujours se questionner, l’auteur, tout au long du récit, se demande si le mode de vie qu’il a choisi est juste quant à l’éducation de ses filles. Encore une fois, il t’amène à te questionner sur l’importance en un sens d’inculquer des valeurs à tes enfants sans les enfermer dedans. Quel est le point d’équilibre ? Vivre dans la forêt, jouer à reconnaitre les essences d’arbres, etc, pendant que les enfants « normaux » jouent à l’ordinateur ou avec les dizaines de jouets qu’ils ont à dispositions chez eux, est-ce trop ? Est-ce qu’avec ça ses filles trouveront le moyen de s’intégrer si elles le souhaitent dans cette société toujours plus mobile, numérique, rapide, stressante ? Est-ce que vivre en symbiose avec son environnement et en prendre soin de lui ça ne devrait pas être ça la normalité ? La clé pour qu’enfin on prenne soin de cette Terre qui nous accueille ?

► LE MOT DE LA FIN

En un mot, si je devais résumer ce livre je dirais sans doute BOULEVERSANT. C’est assez étrange comme sensation. Au final, le récit est long (quelques 600 pages), et comme je le disais il ne se passe foncièrement pas grand chose. Mais au fur et à mesure que tu avances dans le livre, tu as l’impression d’habiter avec l’auteur, de faire partie un petit peu de cette vallée du Yaack, et à la fin, tu souhaiterais juste que ça continue encore et encore. En un sens, ce livre c’est presque une leçon de vie, bien qu’il n’y ait pas de leçon à proprement parler, mais ça questionne profondément notre société, et notre rapport à la nature. On se rend compte de la perfection, du caractère grandiose de celle ci, et ça t’amène à te dire « Mais oui, nous faisons partie de cet écosystème et nous devons le protéger ».
Voilà, je crois que c’est tout pour moi ! Et toi tu l’as lu ce livre ? Ou alors je t’ai subjugué et tu es en train de courir l’acheter ? Dis moi tout ! En attendant, je te laisse avec une petite citation.

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Jour après jour, je reste sur cette chaise, laissant de côté mon travail, et regardant littéralement pousser l’herbe. J’écoute l’herbe pousser ; et je vois sa couleur foncer peu à peu tandis que les feuilles et les aiguilles alentour continuent à pousser, s’étendant de plus en plus, fournissant à ma cabane une ombre de plus en plus épaisse, alors même que la cuvette de lumière verte, le bassin qu’est ce marais entier devient chaque fois plus chaud, plus brillant.                                                                                                                                                                                                                                                                        >>